Droit à la fraîcheur

Oser : c’est reconnaitre l’accès à la fraicheur comme essentiel pour la santé

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Par « droit à la fraîcheur », on entend la garantie de vivre dans des conditions offrant une température sécuritaire pour la santé et le bien-être, peu importe le statut d’une personne (genre, revenu, etc.). ​

Le droit à la fraîcheur souligne ainsi l’importance d’assurer un accès équitable à des environnements frais et agréables. En mettant l’accent sur les populations les plus vulnérables à la chaleur, il se décline en 3 volets : reconnaissance officielle, refroidissement responsable et transition juste.

70 %

Des Québécois ont vu leur santé affectée par les fortes chaleurs au cours des 5 dernières années

 

15 millions $

Coûts annuels en soins de santé associés à la chaleur au Québec

 

74 %

Des Québécois sont favorables à la reconnaissance d’un droit à la fraîcheur

 

Impacts sur la santé et le bien-être

Prévenir la chaleur pour améliorer la santé

La chaleur est associée à un risque plus élevé d’hospitalisation, de coups de chaleur et de déshydratation et peut causer ou aggraver des problèmes de santé. 

Ces impacts touchent particulièrement : 

  • Les personnes aînées, les bébés et jeunes enfants et les personnes enceintes 
  • Les personnes plus exposées à la chaleur  
  • Les personnes atteintes de maladies chroniques  
  • Les personnes avec des troubles de santé mentale
  • Les personnes qui prennent des médicaments, consomment de l’alcool ou d’autres drogues

Alors que l’environnement de chaque personne influence sa capacité à faire face à la chaleur, il est essentiel d’adapter les réponses à la chaleur dans chaque milieu.

Des constats aux actions

Tempérer l'espace public et assurer la fraîcheur

Tout le monde n’a pas le même accès à la fraîcheur, et la climatisation à elle seule ne règlera pas l’enjeu de la chaleur qui s’intensifie en raison des changements climatiques.

Le refroidissement responsable et durable des milieux de vie passe par :

  1. Réduire la chaleur à l’échelle des villes et des municipalités
  2. Adapter les bâtiments pour limiter la chaleur intérieure l’été
  3. Répondre aux besoins en climatisation de manière plus efficiente
  4. Assurer un accès équitable aux espaces frais de proximité

L’accès à la fraîcheur mobilise l’ensemble des acteurs : gouvernements, municipalités, entreprises privées, organismes communautaires et citoyennes et citoyens.

Zoom sur le logement : un déterminant essentiel de la santé

La population passe près de 90 % de son temps en milieux intérieurs où la température peut fluctuer différemment qu’à l’extérieur. Malheureusement, cela représente un risque réel en période de fortes chaleurs.

En effet, lorsque près d’une personne sur deux qui n’utilise pas la climatisation voit son logement atteindre 29 °C ou plus pendant les fortes chaleurs, on doit se demander si nos bâtiments sont réellement adaptés au climat d’aujourd’hui.

Les ménages les plus vulnérables ne devraient pas avoir à porter seuls la responsabilité de se protéger de la chaleur extrême.

Le droit à la fraîcheur est-il synonyme de droit à la climatisation?

La climatisation occupe aujourd’hui une place importante dans les stratégies de protection contre la chaleur, mais elle comporte des limites comme stratégie d’adaptation à long terme.

Les personnes sondées identifient elles-mêmes plusieurs limites à la climatisation :

  • 42 % mentionnent sa consommation importante d’énergie ;
  • 41 % soulignent que les personnes qui en ont le plus besoin n’y ont pas toujours accès ;
  • 30 % mentionnent son coût d’achat et d’utilisation.

La climatisation a évidemment sa place lorsqu’elle est nécessaire pour protéger la santé. Mais si elle devient notre principale réponse à la chaleur, on déplace une partie importante du fardeau vers les individus qui doivent eux-mêmes avoir les moyens de s’équiper et d’en assumer les coûts. Il faut agir en amont et adapter durablement les bâtiments pour prévenir la surchauffe, plutôt que de seulement tenter de la corriger une fois qu’elle est installée.

Comment bâtir des milieux de vie plus frais?

D’autres solutions existent pour contrer la chaleur et rafraichir de manière durable les milieux de vie et ce, sans ajouter un fardeau financier sur les individus comme le fait la climatisation. Lorsqu’on s’assure qu’elles sont mises en place de manière équitable et sans aggraver les inégalités, le verdissement, l’ombrage, et l’adaptation du bâti sont des stratégies efficaces pour améliorer le confort en période de fortes chaleurs.

La création d’un réseau de refuges climatiques combinant différents types de lieux, intérieurs comme extérieurs, adaptés aux besoins des populations améliorerait aussi l’accès à la fraîcheur. D’ailleurs, 51 % des Québécoises et Québécois estiment que le gouvernement du Québec devrait en faire davantage pour offrir des endroits frais et sécuritaires pendant les périodes de fortes chaleurs.

Vagues de chaleur : de plus en plus fréquentes et intenses

Les coûts de santé liés à la chaleur pourraient être multipliés par 2, voire par 5, d’ici 2050, selon une étude de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Passer à l’action pour des communautés plus fraîches

 

Plusieurs organismes de divers secteurs appuient le droit à la fraîcheur et appellent le gouvernement à exercer un leadership audacieux pour mieux protéger la population face aux risques croissants liés à la chaleur, amplifiés par les changements climatiques.