Oser : c’est reconnaitre l’accès à la fraicheur comme essentiel pour la santé

Pour permettre à chacun et chacune de bénéficier de cet accès de manière équitable, des transformations des infrastructures et des modes de vie sont nécessaires.
Pour éviter les décès des groupes plus exposés ou plus vulnérables face à la chaleur, comme les travailleurs ou les personnes aînées .
Pour assurer un sommeil réparateur , mis en péril par la chaleur nocturne.
Pour offrir un accès à des environnements frais agréables pour tous, afin de lutter contre les effets négatifs de la chaleur.
Selon un sondage Léger commandé par l’ASPQ, près de 70 % des répondants déclarent que les fortes chaleurs ont affecté leur santé au cours des cinq dernières années7.
La chaleur est associée à un risque plus élevé d’hospitalisation, de coups de chaleur, et de déshydratation8.
À l’inverse, la fraicheur protège davantage les personnes diabétiques ou atteintes de maladies cardiovasculaires ou respiratoires8.
La chaleur affecte aussi le corps différemment à chaque étape de la vie, nécessitant des approches adaptées à chaque réalité.
Par exemple, les chaleurs extrêmes sont associées à un plus faible poids à la naissance, à des risques de complications liées à la grossesse et à des accouchements prématurés9-11.
Assurer la fraicheur améliore la qualité de vie de l’ensemble de la population.

Les stratégies d’ombrage, de verdissement et d’accès à l’eau potable sont des exemples de mesures qui contribuent à la création d’îlots de fraicheur.
Des milieux de vie frais contribuent à :
Des nuits fraîches apaisent aussi la gravité de l’apnée du sommeil et des troubles de sommeil, assurant un sommeil réparateur5,8.

La population passe près de 90 % de son temps en milieux intérieurs où la température peut fluctuer différemment qu’à l’extérieur13. Malheureusement, cela représente un risque réel en période de fortes chaleurs : la majorité des décès au Canada est liée à des facteurs de chaleur extrême à l’intérieur14.
La climatisation, une solution miracle?
Pour certaines populations à risque et vulnérables, la climatisation peut être essentielle : elle contribue à réduire le risque de décès11. Par contre, tous n’ont pas besoin de climatisation : le corps peut s’adapter naturellement sous certaines conditions et minimiser les écarts importants de température entre intérieur et extérieur.
Par ailleurs, la climatisation est associée à plusieurs enjeux d’iniquité. Par exemple, posséder un appareil de climatisation peut amener une facture énergétique coûteuse, particulièrement pour les personnes âgées, les ménages à faible revenu, et les locataires15.
Comment bâtir des milieux de vie plus frais?
D’autres solutions existent pour contrer la chaleur et rafraichir de manière durable les milieux de vie et ce, sans ajouter un fardeau financier sur les individus comme le fait la climatisation. Lorsqu’on s’assure qu’elles sont mises en place de manière équitable et sans aggraver les inégalités, le verdissement, l’ombrage, et l’adaptation du bâti sont des exemples pour améliorer le confort en période de fortes chaleurs.
La climatisation continuera toutefois d’être utilisée, mais elle devrait l’être de manière responsable. Cela implique de cibler les milieux les plus à risque, d’améliorer l’efficacité énergétique et de travailler à la réduction des émissions reliées.
Le fardeau de la chaleur sur le système de santé grandit année après année. Les coûts de santé liés à la chaleur pourraient être multipliés par 2, voire par 5, d’ici 2050, selon une étude de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS)16.