Oser : c’est agir pour la santé des Québécois face à la crise climatique

Coûts en soins de santé associés à la chaleur au Québec3
Causés par la pollution atmosphérique au Québec4
Ont déclaré avoir ressenti de l’écoanxiété en 20232
Le refroidissement est essentiel : il protège la population de la hausse des températures, préserve la qualité et la sécurité des aliments, ou encore maintient la stabilité des produits médicaux5.
Cependant, la demande de refroidissement, incluant la demande en climatisation, pourrait plus que tripler d’ici 2050, sous l’effet de la multiplication des vagues de chaleur extrêmes6.
Par ailleurs, posséder un appareil de climatisation peut amener une facture énergétique coûteuse, particulièrement pour les personnes âgées, les ménages à faible revenu, et les locataires, déjà plus à risque de subir les effets de la chaleur7.
Comment répondre aux besoins de refroidissement sans creuser les inégalités ni aggraver les changements climatiques?
Le Québec a besoin d’une stratégie sur le refroidissement responsable afin de protéger la santé des populations les plus vulnérables, atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre, et assurer la résilience économique de la société québécoise.
En plus d’être alignée aux efforts mondiaux en la matière5, une telle stratégie au Québec devrait être basée sur 3 axes :
Les mesures d’adaptation à la chaleur et aux changements climatiques sont essentielles pour protéger la santé et prévenir les maladies et décès évitables. Elles peuvent cependant avoir des conséquences involontaires, comme l’éco-embourgeoisement ou la précarité énergétique, et ainsi ajouter une pression financière supplémentaire sur des groupes vivant des inégalités.
Pour réduire le risque de telles aggravations des iniquités, plusieurs outils ou exemples de politiques peuvent informer une meilleure intégration de la santé et l’équité pour des politiques plus justes :
Zoom sur le logement : un déterminant essentiel de la santé
Le Cadre de référence sur le soutien communautaire en logement social et communautaire (SCLSC)8 identifie trois caractéristiques essentielles à un logement pour contribuer à une bonne santé et à la qualité de vie des individus :
La population passe près de 90 % de son temps en milieux intérieurs où la température peut fluctuer différemment qu’à l’extérieur9. Malheureusement, cela représente un risque réel en période de fortes chaleurs : la majorité des décès au Canada est liée à des facteurs de chaleur extrême à l’intérieur10.
Par ailleurs, posséder un appareil de climatisation peut amener une facture énergétique coûteuse, particulièrement pour les personnes âgées, les ménages à faible revenu, et les locataires7. Des solutions équitables sont donc nécessaires pour améliorer les conditions de logement et l’accès aux lieux de proximité frais, sans toutefois aggraver les inégalités.
La réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est nécessaire pour réduire la quantité de polluants dans l’air et limiter l’accélération des changements climatiques, afin d’améliorer la qualité de l’air et protéger la santé. L’atténuation, tout comme l’adaptation, doit être au coeur des priorités.
Le secteur de la santé, dont la mission est de protéger la population, doit aussi réduire son impact environnemental et sa contribution à la pollution de l’air.
Selon le rapport Dunsky commandé par l’ASPQ, le secteur de la santé représente 3,6 % des émissions totales de la province, soit 2,7 millions de tonnes de GES provenant des bâtiments, des transports et des émissions indirectes11. La feuille de route proposée permettrait au réseau d’accélérer la décarbonation et d’adopter des pratiques plus durables.
Prioriser les populations plus vulnérables
Certaines populations peuvent être plus vulnérables aux effets de la dégradation de la qualité de l’air.
Si tous peuvent ressentir les effets de ces niveaux élevés de polluants dans l’air, la vulnérabilité des enfants face à cette pollution est particulièrement préoccupante12-13. Leurs poumons et leur système immunitaire sont encore en développement, les rendant plus sensibles aux dommages causés par les polluants.
La pollution représente aussi un facteur de risque important chez les personnes atteintes de maladies respiratoires ou cardiovasculaires puisqu’elle peut exacerber les symptômes respiratoires et même déclencher des épisodes ou infections aigües14-16.
Cibler les mesures adaptées aux réalités des régions
Les principales sources d’exposition varient également selon les régions, nécessitant des mesures adaptées au contexte.
Par exemple, l’exposition à la fumée des feux de forêts aura tendance à affecter plus gravement les régions incendiées plutôt que les régions urbaines loin des feux17. À l’inverse, les impacts de la pollution liée au transport routier sont davantage associés aux milieux urbains où il y a beaucoup de circulation18. Les polluants de l’air rejetés par les industries affecteront quant à eux en premier la population vivant à proximité de celles-ci par une exposition chronique19-20.
Les milieux intérieurs ne peuvent cependant pas toujours protéger les gens de la pollution de l’air extérieur : la ventilation et l’infiltration peuvent amener une concentration plus élevée de polluants à l’intérieur21.
La réduction et le contrôle à la source des polluants de l’air, en fonction de leurs causes, sont donc essentiels afin de réduire la quantité et la concentration des polluants de l’air. Ces mesures ciblées devraient toutefois être complétées par des mesures d’amélioration de la ventilation et de la purification de l’air intérieur et le ciblage des populations les plus vulnérables.

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Les changements climatiques augmentent fortement les risques pour la santé humaine : hausse des décès, des maladies et des urgences médicales.
Face à cette situation, le Québec peut dès aujourd’hui choisir l’audace : oser agir pour un Québec plus sain, résilient et équitable face aux changements climatiques.