Oser : c’est agir pour notre collectivité

En agissant sur l’environnement, l’aménagement du territoire, le transport ou la sécurité, elles mobilisent plusieurs de leurs compétences pour améliorer la qualité de l’air, soutenir la transition énergétique, et réduire les inégalités d’accès à des milieux de vie sains et résilients.
Des Québécois veulent que les municipalités agissent pour le climat1
Des Canadiens résident à moins de 250 m d’une route principale et sont donc exposés aux émissions polluantes de trafic routier2
De surmortalité est observé lors des vagues de chaleur dans les zones d’îlots de chaleur3
Selon le Dr Horacio Arruda, sous-ministre adjoint au ministère de la Santé et ex-directeur national de la santé publique (DNSP), « les municipalités jouent un rôle central en agissant sur les déterminants sociaux de la santé, comme les comportements sains, l’environnement physique, la littératie, la culture et un climat social inclusif. (…) À cet égard, les municipalités se positionnent comme des acteurs clés de la prévention au sein du système de santé. » 4
Adapter les collectivités en amont des épisodes de chaleur reflète une approche proactive et un choix stratégique pour assurer la viabilité financière des dépenses municipales.
On estime que le coût total du déploiement des mesures d’urgence pour les six plus grandes municipalités du Québec (Montréal, Laval, Longueuil, Québec, Gatineau et Sherbrooke) lors des vagues de chaleur se chiffre actuellement à 0,4 M$ annuellement et pourrait augmenter à environ 7 M$ d’ici 2065-20755.
La proximité comme levier essentiel de la résilience
Les municipalités peuvent favoriser une meilleure équité d’accès aux espaces de plein air de proximité de diverses façons6 : en améliorant la proximité, la superficie et la qualité des espaces verts et bleus, en améliorant la sécurité, la connectivité et l’offre de mobilité autour des espaces de fraicheur, et en investissant dans les zones plus défavorisées et avec une plus faible canopée.
Les parcs, les commerces, les centres communautaires et les bâtiments municipaux (comme les piscines ou les bibliothèques) deviennent aussi des espaces centraux pour se protéger de la chaleur. Élargir les heures d’ouverture, améliorer l’accès et assurer une meilleure disponibilité de ces espaces publics frais sont des mesures qui font une différence majeure pour réduire les impacts de la chaleur.
L’aménagement urbain permet de rafraichir les villes de façon stratégique.
Par exemple, les structures d’ombrage, telles que les auvents et les pergolas, réduisent l’impact direct des rayons ultraviolets sur les surfaces dures comme les trottoirs, les toits ou les stationnements. Grâce à l’ombrage direct et au refroidissement par évaporation, les arbres et la végétation peuvent aussi tempérer naturellement les zones urbaines ou minéralisées.
Une vision concertée et inclusive de l’ombre
À Toronto, le Code de l’ombre7 a été élaboré grâce à la concertation des acteurs de divers secteurs. Sous la direction de la santé publique, une équipe multidisciplinaire, en consultation avec un groupe de travail spécialisé, a mené à une politique globale et des lignes directrices connexes visant à fournir et à maintenir un ombrage adéquat (tant bâti que naturel) sur le territoire de la ville et ce, de manière inclusive et équitable.
Les pôles de résilience (ou refuges climatiques) sont des espaces physiques au service de la communauté, renforcés pour soutenir les communautés avant, pendant et après des événements extrêmes comme les épisodes de chaleur accablante, tout en offrant des ressources et des services tout au long de l’année8.
Le modèle de pôle de résilience cible implicitement les déterminants sociaux de la santé et les populations les plus vulnérables9. À travers ses avantages, il renforce la résilience aux changements climatiques et aux événements météorologiques extrêmes.
Les bénéfices pour les municipalités
Les refuges climatiques constituent un investissement local et intelligent, susceptible de :
Face aux bénéfices, plusieurs projets sont financés ou pilotés par les villes en partenariat avec la communauté (par exemple Vancouver, Toronto, Detroit, Houston, San Francisco, Washington DC).
La qualité de l’air est l’affaire de tous : gouvernements, société civile, citoyennes et citoyens.
Les municipalités ont l’occasion d’innover en matière de mobilité, d’infrastructures, de santé et bien-être, d’urbanisme et d’énergie en plus d’assurer l’exemplarité dans leurs pratiques de décarbonation, leurs aménagements, leurs infrastructures et leur parc automobile.
Où en est ma municipalité en termes de décarbonation efficiente?
L’utilisation combinée des transports actifs et collectifs est une excellente façon d’atténuer les impacts négatifs de la pollution atmosphérique causés par les automobiles, en plus d’encourager l’activité physique et de lutter contre la sédentarité.
Les véhicules à moteur relâchent des polluants qui contribuent à la formation d’ozone troposphérique et de particules fines. Lorsque ces rejets dans l’air sont plus élevés, ils entrainent une baisse des fonctions pulmonaires ainsi qu’une augmentation des visites aux urgences, des hospitalisations et de la mortalité10.
L’évaluation d’impact sur la santé (EIS) a pour objectif d’anticiper, d’estimer et de documenter de manière prospective les effets possibles, tant positifs que négatifs, d’un projet ou d’une politique en cours d’élaboration sur l’ensemble des déterminants de la santé, même si les propositions n’ont a priori aucun lien explicite avec la santé11-12.
Pourquoi réaliser une EIS?
Même si les projets ne visent pas principalement la santé, il est souhaitable que les décisions relatives à la planification du territoire reposent sur une analyse rigoureuse de leurs effets potentiels sur la santé de la population13. Par exemple, le transport routier représente une source importante de polluants de l’air et coûte plus de 3 milliards $ par année au Québec en impacts sur la santé14.
Ainsi, la démarche des EIS vise à mieux informer les décideurs sur les conséquences possibles de leurs décisions sur le bien-être de la population, ce qui leur permet d’apporter des ajustements à une politique ou à un projet structurant pour en maximiser les retombées positives sur la santé et réduire ou compenser ses impacts négatifs13.
L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) collabore à la Série Santé publique du Caucus écologiste municipal, une nouvelle programmation de webinaires destinée à mieux comprendre les liens entre santé publique et changements climatiques, ainsi qu’à mettre en lumière les leviers d’action municipaux.

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Le Québec est déjà confronté à une nouvelle réalité climatique et doit s’adapter à cette crise : vagues de chaleurs plus fréquentes et intenses, saisons de feux de forêt plus longues, pollution de l’air, des sols et de l’eau, perte accélérée de biodiversité. Les municipalités jouent un rôle clé pour la santé et le climat.